L'importance des floraisons par Yves Darricau - Juin 2026
Agronome, auteur essayiste, apiculteur, planteur d'arbres, conférencier.
L’adaptation au changement climatique nous oblige à innover dans nos aménagements paysagers.
Si on reconnait l’intérêt de la ''densité végétale'' de notre environnement pour notre santé, avec la règle dite des 3, 30, 300 (voir au moins 3 arbres ou arbustes autour de soi, et vivre dans un espace ,dont 30% sont végétalisés, situé idéalement à 300 m d’un espace boisé), on doit maintenant aussi penser que la ''densité florale'' l’est tout autant .
Avec les fleurs, il est bien sur question de beauté de notre cadre de vie, mais aussi de vitalité pour la biodiversité qui nous entoure, insectes pollinisateurs en tête.
La qualité nutritionnelle de nos paysages dépend en premier lieu des fleurs.
Les chercheurs l’ont solidement établi : Pour nous c’est 5 fruits et légumes par jour, et bien, pour quantité d’insectes mangeurs de fleurs, c’est 3 fleurs différentes…
Plus exactement, c’est 3 pollens, car ce n’est qu’en les combinant que chaque mangeur y trouve son bon équilibre diététique, en protéines, lipides et vitamines!
En conséquence, les floraisons doivent être impérativement diversifiées et on le devine, quasi continues, pour éviter les périodes de disettes.
Le réchauffement climatique complique le cadre en chamboulant les phénologies florales, en avançant et compactant l’offre florale.
La palette florale à planter doit être adaptée, constituée de résistantes au plus chaud et plus sec, à floraisons étagées; ceci tout en incluant un lot de solides ''nectarifères’' qui offrent des pollens de qualité, pour compenser les déficits en acides aminés essentiels pour la vitalité des pollinisateurs.
La gamme est finalement ample, et les études sur les pollens pointent entre autres, la qualité de ceux des actinidia, viburnum, hibiscus syriaca et rosa.sp…
Dans ces critères de résistances au plus chaud et sec, et de bonne qualité nutritionnelle, les rosiers qui montrent leurs étamines ressortent.
S’ils offrent peu de nectar, ils attirent les insectes par leurs couleurs et leurs parfums, et par la qualité de leurs pollens dont l’offre est heureusement longue chez les variétés remontantes.
Un bel exemple de végétal alliant beauté pour nous et vitalité pour la biodiversité qui nous entoure, qui doit être dans la palette de nos plantes compagnes du futur; une palette qu’il faut s’appliquer à consolider et à diffuser.